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GELI

  • Photo du rédacteur: Lola Denisan
    Lola Denisan
  • 14 déc. 2023
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 avr. 2025

Ce soir de fin novembre l'air parisien est frais, et Noël commence à pointer le bout de son nez. En sortant du métro, la chaleur d'un petit marché de Noël, avec quelques cabanons en bois d'où émanent de douces odeurs, et, tout au long du chemin des décorations lumineuses, des cafés décorés pour l'occasion, et l'animation dans les rues, cette ambiance qui fait sourire les cœurs.

Nous sommes lundi 27 novembre, il est 21h et dans un petit théâtre du 18e, la pièce de théâtre GELI s'apprête à être jouée pour la seconde fois à la Manufacture des Abbesses, après un franc succès au festival d'Avignon cet été.


En m'installant dans la salle, je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre.

J'ai hâte de découvrir cette pièce dont j'ai entendu parler sur les réseaux sociaux et qui m'avait tout de suite interpellée par son histoire, et en même temps je ne cache pas que j'ai un peu d'appréhension, comme souvent lorsqu'on découvre quelque chose de nouveau.


GELI, c'est la poignante histoire d'un homme déchiré qui écrit une pièce de théâtre sur Angela Maria Raubal, dite Geli, dont l'histoire est dramatique.

Oubliée de la grande Histoire, Geli était la nièce d'Adolf Hitler, avec qui, elle avait une relation amoureuse. Jeune fille souriante, intelligente, ayant du répondant, rêvant d'opéra, le mystère de son existence réside... dans sa mort.

Elle a été retrouvée le 19 septembre 1931, étendue dans une mare de sang, dans sa chambre de l'appartement d'Adolf Hitler, le revolver de son oncle à ses côtés et une balle dans le ventre. Elle avait 23 ans.

Personne ne sait vraiment comment elle est morte, s'est-elle suicidée ou l'a t'on assassinée? En tous cas, on raconte que sa disparition aurait enlevé la dernière goutte d'humanité à son oncle Adolf Hitler, et sachant ce qu'il s'est passée après 1931, beaucoup la tiennent pour responsable de ces horreurs (eh oui, si elle n'était pas morte, peut-être qu'Hitler n'aurait pas totalement vrillé...il n'empêche qu'avec des "si", on refait le monde!).


J'ai été foudroyée par cette pièce. Sonnée. Percutée.

Dès la première phrase d'Aliénor de la Gorce (qui joue Geli) j'ai été captivée, embarquée avec ces deux personnages aux histoires si différentes et pourtant...d'un côté Geli, cette jeune femme au destin funeste qui chante la vie, dont l'histoire mystérieuse m'a émue, et d'un autre côté cet auteur qui rencontre et qui s'ouvre à son personnage. Le tout habilement entrecoupé de morceaux musicaux qui subliment la puissance de la pièce et qui apporte une émotion unique.


Je ne vous en ai pas parlé tout de suite car j'ai eu le besoin de faire infuser cette pièce quelques jours. Puis je suis retournée la voir (avec ma mère on voulait absolument la faire découvrir à ma sœur, et en plus je voulais prendre le temps d'interviewer Aliénor et Frédéric pour mieux vous en parler).


Revoir la pièce m'a permis de saisir certaines paroles que je n'avais pas su capter la première fois, certaines réflexions, idées. Bien que connaissant déjà l'histoire, elle m'a à nouveau touchée et j'ai peut-être été plus attentive et réceptive à la quantité d'informations et d'émotions que GELI transmet. Ce qui est très intéressant avec GELI c'est qu'elle a plusieurs lectures, plusieurs axes de réflexions puissants, sur différents sujets, que ce soit la place des femmes, les conséquences de nos actions et de nos inactions, les relations amoureuses, la vie, la mort, la douleur, l'impuissance, la résilience, la violence, la douceur, la beauté, la condamnation, l'écriture, l'Histoire...et tant d'autres. Pour moi, la véritable beauté de GELI, réside dans le fait de réussir à soulever par petits bouts tous ces sujets si complexes, avec une fluidité absorbante. Une phrase, un mot, ici et là, puis cette mélodie prenante au piano, signée Mathieu Morelle, qui vient envelopper la pièce dans une atmosphère qui ne laisse pas le spectateur indemne.


Je suis honnêtement très admirative de Diastème, l'auteur et metteur en scène de cette pièce de théâtre, que je ne connaissais absolument pas avant GELI. Il a écrit une pièce bouleversante et percutante, qui va droit au cœur, et qui marque quiconque ouvre les yeux à la beauté de ce texte.

De découvrir son œuvre sur scène, de le rencontrer, de parler avec des personnes qui travaillent depuis longtemps avec lui m'a vraiment marquée et une chose est sûre, j'ai hâte de me plonger dans ses livres et de regarder ses films!


Je reste scotchée devant le talent des deux comédiens.

Aliénor de la Gorce qui nous transperce d'entrée de jeu, et sait à la perfection nous transmettre ce tourbillon d'émotions qui entoure Geli, ainsi que Frédéric Andrau qui apporte une sensibilité émouvante à cet auteur brisé, dont les mots sont les sauveurs.


Je vais terminer sur ces quelques mots...si vous habitez en région parisienne ou que vous passez par Paris, n'hésitez absolument pas à aller voir GELI, vous verrez, c'est un petit bijou.

D'ailleurs pour info, GELI est jouée actuellement du dimanche au mercredi jusqu'au 16 janvier à la Manufacture des Abbesses.😉



Merci à Mathieu Morelle, le producteur et le compositeur de GELI, une très jolie rencontre avec un gars passionné qui cultive l'émerveillement et sublime les artistes avec lesquels il travaille. J'ai un immense respect pour lui et pour son travail (d'ailleurs si vous voulez aller jeter un coup d'œil à son site internet !). C'est grâce à lui que je suis allée voir GELI, que je voyais tourner sur ses réseaux depuis un petit moment et je dois dire qu'avec un peu de recul, je me rends compte de la magie des rencontres qui ont eu lieu ce soir là, avec Mathieu, mais aussi, naturellement, avec Aliénor, Frédéric et Diastème...j'avais des étoiles dans le cœur de discuter avec ceux qui ont créé ces émotions qui m'animaient et c'était beau de partager ce moment avec cette joyeuse assemblée.

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