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13.11.2025 : Paris se souviendra toujours de ses amis, la lumière brillera…

  • Photo du rédacteur: Lola Denisan
    Lola Denisan
  • 13 nov. 2025
  • 4 min de lecture

Il y a 10 ans, la France toute entière suspendait sa respiration.

La peur, l'incompréhension, le choc, l'impuissance, la sidération, la tristesse, la douleur...

Il y a 10 ans, le soir du 13 novembre 2015, la France a été attaquée, meurtrie, fusillée.


Il y a 10 ans, Lamia, sortait avec son petit ami, Romain, au bar "La Belle Equipe", dans la rue de ses parents. Un date en amoureux dans l'air chaud de ce 13 novembre. Un date qui lui aura couté la vie. Elle est morte au début de la soirée, aux cotés de son amoureux, d'un tir de kalachnikov...presque en dessous des fenêtres de ses parents, qui ont entendu le tir meurtrier sans même savoir que c'était celui qui les a privés de leur fille.


Il y a 10 ans, Stéphane, 52 ans, voisin du Bataclan était chez lui, lorsqu'il s'est pris une balle perdue. Il est décédé dans son studio et a été découvert le lendemain matin.


Il y a 10 ans Marie et Mathias deux jeunes amoureux, originaires de Metz, accompagnaient des amis de Mathias au concert du groupe de rock américain, Eagles of Death Metal. Ils sont morts fusillés dans la fosse du Bataclan. Ils avaient 23 et 22 ans, ils étaient la jeunesse vivante et rayonnante, ils étaient l'impertinence de l'amour...ils sont tombés côte-à-côte dans la salle de concert parisienne.


Ils étaient amoureux, ceux qui se sont blottis, l'un contre l'autre à deux, contre la tyrannie. Les enfants paradis, D. Saez

Il y a 10 ans, Hélène, 35 ans, maquilleuse/coiffeuse de profession, était au Bataclan, parmi les 1500 personnes qui profitaient du concert du groupe Eagles of Death Metal. Un bon début de concert, le groupe donnait tout sur scène, le public était à fond, l'ambiance était sympa...jusqu'à ce que des tirs de kalash se soient fait entendre et ont emportés Hélène avec eux. Hélène venait de devenir maman, et ce soir là c'est un bébé de 17 mois qui est devenu orphelin de sa mère.


Il y a 10 ans, Lola 17 ans, lycéenne, passionnée de musique, et elle-même musicienne, accompagnait son père, Eric, au Bataclan. Une belle soirée qui se présentait. Sauf que Lola a été fusillée ce soir là, devant les yeux de son père, qui lui, a survécu. C'était la plus jeune victime du massacre du 13 novembre. Elle aurait eu 27 ans.


Il y a 10 ans, 132 familles ont perdu un ou plusieurs des leurs dans cet attentat. Des enfants sont devenus orphelins, des parents ont perdu leurs enfants, des compagnons et des compagnes ont perdus leurs compagnes/compagnons. Ils ont été arrachés à la vie dans une violence meurtrière inouïe, et ça fait 10 ans que leurs familles doivent apprendre à composer avec leur absence.



On se souvient tous de ce que nous faisions il y a 10 ans, de l'émotion qui nous a envahi alors. Moi, j'avais 7 ans. Mes parents m'ont expliqué le 14 au matin qu'un attentat avait eu lieu la veille à Paris, que mon papi qui était au match de foot France-Allemagne allait bien, mais que beaucoup de gens étaient morts, ailleurs dans la ville, en pleine rue et en plein concert. Je me souviens des discussions le lendemain à l'école avec mes camarades, entre ceux qui se sentaient concernés, parce que comme moi, ils connaissaient quelqu'un qui aurait pu y rester, ceux qui étaient terrifiés et ceux qui ne comprenaient pas pourquoi l'école entière était réunie pour faire une minute de silence...une atmosphère singulière, quelques mois seulement après Charlie Hebdo.


Il y a 10 ans, la liberté, la lumière et l'amour étaient nos piliers. Les médias internationaux parlaient beaucoup de la force des françaises et des français, qui voulaient montrer que rien, jamais, n'atteindra nos libertés, notre solidarité et notre fraternité. La liberté était notre flambeau, notre ligne directrice en ces temps troubles.

Le sport, les bars, les concerts...la France ce jour-là a été attaquée dans ce qu'elle avait de plus beau, de plus précieux ; on a essayé de lui prendre sa liberté, sa jeunesse, sa joie de vivre, sa lumière. Mais ce jour-là, comme une réponse à ces actes monstrueux, des milliers de gens se sont unis dans un même cri "Nous n'avons pas peur, l'amour est plus fort que la haine ! Allumons nos bougies, souvenons-nous de nos morts et offrons des fleurs face aux fusils pointés".


10 ans plus tard, l'horreur, la peine, la douleur reste la même. La mémoire de ces victimes reste présente dans nos cœurs. Paris ne sera plus la même, la France ne sera plus la même, et nous, nous ne serons plus les mêmes.

Alors 10 ans après ce drame, rappelons-nous de nos disparus, de ces noms qui manquent à l'appel, de ces visages aux paupières fermées, de cet élan d'unité qui nous a parcouru alors.


On m'a demandé il n'y a pas longtemps si j'avais grandi dans la peur des attentats, moi qui ai vécu Charlie et le Bataclan à 7 ans. Mais c'est l'exact opposé. Parce que le souvenir le plus fort c'est que des milliers de personnes, d'inconnus, sont venus combattre la peur les jours qui ont suivis en offrant des fleurs, en allumant des bougies, en sortant dans les cafés et les bars parisiens, en osant la liberté. Parce que ce jour-là j'ai compris qu'aller à un concert, c'est un acte de résistance. Aller au café, c'est un acte de résistance. Lire c'est un acte de résistance. Vivre, c'est un acte de résistance. Et que la plus belle des choses à faire, c'est de continuer, avec davantage de force encore, à faire vibrer les valeurs de fraternité, de liberté, de solidarité et d'amour, vers lesquelles la France s'est tournée comme instinct de survie il y a 10 ans de cela.


Nous nous souviendrons toujours de ces 132 personnes que ce vendredi noir a emportées. Pour toujours, nos cœurs resteront endeuillés. Pour toujours ils resteront le symbole de cette liberté.


Les enfants paradis, une chanson de Damien Saez qui rend hommage aux disparus du 13 novembre.

 
 
 

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